C‑DRONE
Télépilote manipulant une radiocommande avec retour vidéo du drone

GUIDE C-DRONE · 12 MARS 2026

Formation télépilote : examen A1/A3 en ligne et brevet A2 expliqués

Piloter un drone de 250 g ou plus impose une formation, même pour un usage strictement loisir. Le parcours européen comporte deux niveaux en catégorie ouverte : la preuve d'achèvement A1/A3, gratuite et entièrement en ligne, et le brevet A2, qui ajoute un examen surveillé. Voici comment les obtenir en France en 2026, et ce qu'ils permettent réellement.

La formation A1/A3 : gratuite, en ligne, obligatoire dès 250 g

La formation A1/A3 est le socle commun de tout télépilote en catégorie ouverte. Elle est obligatoire pour piloter un drone de 250 g ou plus (classes C1 à C4 et machines sans classe de plus de 250 g), et fortement recommandée même en dessous. En France, elle se déroule intégralement sur AlphaTango : modules de formation en ligne couvrant la réglementation, les principes du vol, les limitations d'espace aérien, la protection des données et l'assurance, puis un QCM de 40 questions. Il faut au moins 75 % de bonnes réponses ; l'examen est gratuit et peut être repassé sans limite.

La preuve d'achèvement de formation est délivrée immédiatement au format PDF et reste valable 5 ans. L'âge minimal du télépilote est fixé à 14 ans en France en catégorie ouverte (12 ans pour un vol supervisé). Comptez deux à quatre heures pour suivre sérieusement les modules : les questions pièges portent classiquement sur les hauteurs maximales en zone réglementée, les distances aux personnes et les conditions de vol de nuit — autorisé en catégorie ouverte, contrairement à une croyance répandue, sous réserve d'un éclairage vert clignotant sur le drone.

Le brevet A2 : pour voler plus près des personnes

Le brevet d'aptitude de pilote à distance A2 (BAPD) autorise le vol en sous-catégorie A2 : un drone de classe C2 (moins de 4 kg) jusqu'à 30 mètres de personnes non impliquées, et jusqu'à 5 mètres en mode basse vitesse. C'est le sésame des télépilotes qui travaillent en zone périurbaine, sur des chantiers ou des sites industriels partiellement fréquentés. Son obtention suppose trois étapes : détenir la preuve A1/A3, réaliser une autoformation pratique en conditions A3 (déclarée sur l'honneur, portant sur la préparation du vol et la maîtrise de l'appareil), puis réussir un examen théorique complémentaire surveillé.

En France, cet examen supplémentaire de 30 questions porte sur la météorologie, les performances de vol du drone et l'atténuation des risques au sol ; il est organisé sous surveillance par la DGAC, et le seuil de réussite est également de 75 %. Le brevet A2 est valable 5 ans et reconnu dans toute l'Union européenne — utile pour les prestations transfrontalières, un exploitant français pouvant voler en A2 en Belgique ou en Espagne avec le même document.

Et pour la catégorie spécifique ? CATS et formation pratique

Les scénarios standards européens STS-01 et STS-02 exigent un niveau supérieur : le CATS, certificat d'aptitude théorique STS — 40 QCM en 60 minutes (ramenés à 30 QCM pour les titulaires du brevet A2), 75 % de bonnes réponses exigés, 30 € de redevance, certificat valable 5 ans —, obtenu après un examen surveillé passé dans un centre d'examen de la DGAC (système OCEANE, dans les mêmes salles que les examens de pilotes d'avion), complété par une formation pratique auprès d'une entité reconnue qui délivre une attestation de compétences pour le scénario visé. La formation pratique couvre la gestion des procédures d'urgence, la préparation de mission, l'utilisation du parachute pour le STS-01 en zone peuplée et la coordination avec les observateurs pour le STS-02.

Côté budget, l'écosystème français s'est structuré : comptez de 800 à 2 500 € pour un parcours complet STS en centre de formation (théorie + pratique + préparation du manuel d'exploitation), souvent finançable. Attention : le CATT des scénarios nationaux n'est plus délivré en métropole et ne fait l'objet d'aucune conversion automatique — depuis le 1er janvier 2026, tout télépilote professionnel passe par la filière européenne et le CATS. Pour les clients, une seule chose compte : demander au prestataire l'attestation correspondant précisément au scénario utilisé sur leur site.

Quelle formation pour quel usage : tableau récapitulatif

Le bon niveau de formation dépend du drone et de l'environnement de vol, pas du statut loisir ou professionnel. Voici la correspondance en vigueur en 2026 :

SituationFormation requiseCoûtValidité
Drone < 250 g avec caméraAucune obligatoire (A1/A3 recommandée)
Drone 250 g à 25 kg, loin des personnes (A1/A3)Preuve A1/A3 en ligneGratuit5 ans
Drone C2 près des personnes (A2)A1/A3 + autoformation + brevet A2Frais d'examen modiques5 ans
Vol en ville, zone peuplée (STS-01)Certificat théorique STS + pratique en entité reconnue800 à 2 500 €5 ans
Vol hors vue (STS-02)Certificat théorique STS + pratique spécifique1 500 à 3 000 €5 ans

Un point souvent négligé : la date d'expiration. Les preuves et brevets délivrés lors de la bascule européenne de 2021 sont arrivés à échéance en 2026 ; de nombreux télépilotes découvrent leur certificat périmé la veille d'une mission. Vérifiez la date sur le PDF AlphaTango et repassez l'examen avant l'échéance — le renouvellement anticipé ne fait rien perdre.

Bien se préparer : méthode et pièges de l'examen

Pour l'examen A1/A3, la méthode la plus efficace consiste à lire les modules AlphaTango dans l'ordre, puis à s'entraîner sur les hauteurs et distances jusqu'à les connaître par cœur : 120 m de hauteur maximale, 30 m en A2 (5 m en basse vitesse), 150 m des zones résidentielles en A3, 50 m au-dessus d'un obstacle de plus de 105 m sur demande du propriétaire. Les questions mêlant zones réglementées et hauteurs Géoportail font chuter la majorité des candidats pressés.

Pour le brevet A2 et le certificat STS, travaillez en priorité la météorologie (gradient de vent, brise thermique, indice Kp pour le GPS) et le calcul de la distance au sol en cas de panne — des sujets absents du niveau A1/A3. Enfin, formez-vous à ce que l'examen ne couvre pas : la lecture d'une carte VAC d'aérodrome, la demande de protocole auprès d'une tour de contrôle et la rédaction d'un protocole d'accord préfecture relèvent de la pratique professionnelle, et font la différence entre un titulaire de brevet et un télépilote réellement opérationnel.

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